Présentation synthétique de l’infraction de viol, des peines encourues et des poursuites.

Le viol est défini par l’article 222-23 du code pénal comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ». Nous présenterons brièvement l’infraction (I), les peines encourues (II) et les poursuites (III).

I. L’infraction de viol

L’infraction est caractérisée s’il existe un élément matériel et un élément moral.

L’élément matériel de l’infraction est une pénétration sexuelle, commise sur la personne d’autrui. Il peut s’agir d’une pénétration du sexe de l’homme dans une partie du corps de la victime ou dans le sexe de la femme. Depuis la loi du 23 décembre 1980, en effet, aucune sorte de pénétration sexuelle n’est exclue du champ d’application de cette infraction (Crim, 29 nov. 1984 : Bull. Crim n°378).

Ont ainsi pu être considérés comme constitutifs de viol des actes de pénétration buccale (Crim, 22 févr. 1984 : Bull. Crim, n°71 ; D. 1984. IR 228 ; RSC 1984. 743, obs. Levasseur) ou anale (Crim, 24 juin 1987 : Bull. Crim, n°264 ; RSC 1988. 302, obs. Levasseur), ces actes pouvant être commis ou subis indifféremment par un homme ou par une femme (Crim, 4 janv. 1985 : Bull. Crim n°10 ; Gaz. Pal 1986. 1. 19).

L’élément moral de l’infraction est le recours à la violence, la menace, la contrainte ou la surprise. C’est l’élément clé, qui permet d’établir l’absence de consentement, le fait d’abuser volontairement d’une personne, qu’il s’agisse d’une violence physique ou morale (Crim, 25 juin 1857 : S. 1857. 1. 711).

Plus encore, pour que l’infraction existe, il faut mettre en lumière des pressions concomitantes aux actes de pénétration (Crim, 17 sept. 1997 : Bull. Crim, n°302 ; RSC 1998. 327, obs. Mayaud).

II. Les peines encourues

Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle, d’après l’article 222-23 du code pénal.

Les peines sont portées à vingt ans de réclusion si l’une des conditions de l’article 222-24 est présente, à savoir :

  • lorsque le viol a entraîné une mutilation ou une infirmité permanente ;

  • lorsqu’il est commis sur un mineur de quinze ans, c’est-à-dire une personne âgée de quinze ans ou moins ;

  • lorsqu’il est commis sur une personne vulnérable, du fait de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, d’une déficience physique ou psychique, de la grossesse ;

  • lorsqu’il est commis par un ascendant ou une personne ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ;

  • lorsqu’il est commis par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ;

  • lorsqu’il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice ;

  • lorsqu’il est commis avec usage ou menace d’une arme ;

  • lorsque la victime a été mise en contact avec l’auteur des faits grâce à l’utilisation, pour la diffusion de messages à destination d’un public non déterminé, d’un réseau de communication électronique ;

  • lorsqu’il a été commis à raison de l’orientation ou identité sexuelle de la victime ;

  • lorsqu’il est commis en concours avec un ou plusieurs autres viols commis sur d’autres victimes ;

  • lorsqu’il est commis par le conjoint ou le concubin de la victime ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité ;

  • lorsqu’il est commis par une personne agissant en état d’ivresse manifeste ou sous l’emprise manifeste de produits stupéfiants.

Il est également à noter que les articles 222-44 et suivants du code prévoient des peines complémentaires.

III. Les poursuites

La personne mise en cause sera placée sous contrôle judiciaire par un juge d’instruction, ou placée en détention provisoire. Elle a le droit de demander certains actes, qui peuvent être nécessaires pour la manifestation de la vérité.

En tout état de cause, comme il s’agit d’une infraction grave, que les peines peuvent être très lourdes, et qu’il s’agit d’un domaine du droit technique, il est conseillé de faire appel à un avocat, qui sera le plus à même de vous aiguiller et de vous accompagner tout au long de la procédure.

Peut-on s’enfuir d’un commissariat ?

Derrière cette question, se pose un réel problème de droit, dont la réponse est intéressante : vous pouvez partir, en douceur, à condition que votre placement en garde-à-vue ou vos droits ne vous aient pas été notifiés.

Imaginons. Une personne attend au commissariat, sur un banc, qu’un local de garde-à-vue se libère. Que se passe-t-il si, excédée par l’attente, cette personne part du commissariat sans qu’aucun policier ne l’en empêche?

Il est tentant de considérer que la personne s’est évadée. Le délit d’évasion, prévu à l’article 434-27 du code pénal, suppose le fait, par un détenu, de se soustraire à la garde à laquelle il est soumis. Il est puni de trois ans d’emprisonnement et 45.000€ d’amende. Le délit est aggravé en cas de violence, effraction ou corruption : les peines sont alors portées à cinq ans d’emprisonnement et 75.000€ d’amende.

Avant la loi du 9 mars 2004, le délit d’évasion supposait systématiquement violence, effraction ou corruption. Ainsi, la chambre criminelle de la Cour de cassation, dans un arrêt du 5 mai 1998, avait pu affirmer que le délit n’était constitué que si l’agent était détenu dans un endroit clos, et qu’il commettait une manoeuvre, comme le bris d’un dispositif de fermeture faisant obstacle à sa fuite. La Cour affirmait donc qu’échapper à l’attention des gardes, ce qui résulte d’une simple ruse, n’était pas constitutif du délit d’évasion.

Depuis la loi du 9 mars 2004, le délit suppose simplement que le détenu se soustraie à la garde à laquelle il est soumis.

Les tribunaux et cours font une application stricte de ce texte, qui suppose d’être détenu, et de s’échapper.

Ainsi, un arrêt de la troisième chambre de la cour d’appel de Toulouse, en date du 13 avril 2006, affirme que le délit d’évasion n’est pas constitué même si l’individu se soustrait avec violence, dès lors qu’il n’a pas été informé de son placement en garde-à-vue et que ses droits ne lui ont pas été notifiés. En effet, l’agent n’a pas, au sens strict, la qualité de détenu.

Toutefois, le prévenu a été condamné pour rébellion, délit qui est défini comme le fait d’opposer une résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique, passible d’un an d’emprisonnement et de 15.000€ d’amende. (articles 433-6 et suivants du Code pénal)

En somme, si une personne patiente sur un banc au commissariat, en attendant qu’un local se libère, et qu’on ne lui pas notifié sa garde-à-vue ou ses droits, elle peut s’en aller. Mais discrètement.

Contraventions : est-il possible d’y échapper?

L’auteur d’une infraction au Code de la route a-t-il des chances de ne pas la payer ? La jurisprudence est plutôt claire : pour un excès de vitesse, oui, pour un stationnement, non.

Certains, par principe ou par bêtise, n’achètent pas de cartes de stationnement et récoltent régulièrement des contraventions sur leur pare-brise. D’autres, par principe ou par bêtise, considèrent que les panneaux indiquent une vitesse conseillée plutôt qu’une vitesse maximale, et reçoivent régulièrement du courrier indésirable.

Pour la clarté du propos, il convient de subdiviser.

I. Les contraventions pour excès de vitesse.

A. Le droit

Deux hypothèses: vous reconnaissez les faits, et vous payez (mais dans ce cas, pourquoi lire un article sur le sujet?), ou vous ne reconnaissez pas les faits, et payer vous ennuie.

Evacuons la première hypothèse et considérons que vous n’avez pas commis l’infraction au Code de la route (ou c’est ce que vous dites à votre avocat).

Par dérogation au principe selon lequel « nul n’est pénalement responsable que de son propre fait » (art. 121-1 du Code pénal), le Code de la route, en son article L. 121-3, dispose que le titulaire du certificat d’immatriculation est redevable pécuniairement de l’amende encourue pour une contravention à la réglementation sur la vitesse maximale autorisée. Fort heureusement, l’alinéa 2 prévoit que ledit titulaire n’est, pour autant, pas responsable pénalement de l’infraction.

En somme, le titulaire de la carte grise du véhicule doit payer l’amende, même s’il n’est pas coupable.

Heureusement, l’article L. 121-3 dispose que l’on peut être exonéré du paiement si l’on prouve que le véhicule a été volé, qu’un événement de force majeure a eu lieu, ou que l’on apporte tout élément permettant d’établir que l’on n’est pas l’auteur véritable de l’infraction.

Plutôt que de s’engager sur le terrain du vol ou de la force majeure, relativement complexe, la meilleure solution est, simplement, de prouver que vous n’étiez pas au volant, ou à tout le moins d’instiller un doute.

B. La solution

La plupart du temps, le Ministère Public ne peut produire qu’une photo du véhicule prise de dos.

Il suffit donc de justifier que vous ne conduisiez pas.

Par exemple, dans un arrêt du 26 septembre 2009, la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation a retenu comme cause valable le fait d’être à l’étranger le jour de l’infraction.

De même, a été retenu comme valable le fait que l’auteur de l’infraction ait été identifié dans le procès-verbal comme une femme de type européen, et que le titulaire de la carte grise se prénomme Jacques (Crim. 17 février 2004).

Enfin, il faut demander au Tribunal de faire application de la jurisprudence constante selon laquelle « nul ne peut obliger le titulaire de la carte grise à dénoncer le conducteur du véhicule pris en infraction » (Crim. 5 février 1992)

Cette solution jurisprudentielle est particulièrement stable, et a fait ses preuves.

C. La réalité

Il faut toutefois prendre en compte un dernier élément.

Pour ne pas payer, il vous faut faire opposition à l’amende, ce qui signifie vous acquitter d’une somme – la consignation -, qui vous sera remboursée quand et si vous gagnez.

Si le litige va jusqu’au Tribunal de Police, il faut préparer des conclusions. Cela peut prendre du temps.

Il faut enfin immobiliser une demi-journée devant le Tribunal de Police – à moins que vous ayez un avocat.

Cette procédure représente donc un investissement en temps.

Seul un avocat pourra vous renseigner complètement sur son opportunité.

II. Les contraventions pour stationnement.

L’article L. 121-2 régit la matière.

Malheureusement, pour être court, le titulaire ne peut échapper au paiement de l’amende qu’en établissant l’existence d’un événement de force majeure ou fournir des renseignements permettant d’identifier l’auteur véritable de l’infraction.

L’exigence d’un événement de force majeure est rappelée constamment par les Tribunaux.

Or, la force majeure est extrêmement difficile à prouver. Il s’agit d’une circonstance exceptionnelle, extérieure à la personne de celui qui l’éprouve, et imprévisible (même si cette condition s’amenuise avec le temps).

Dès lors, à moins de donner des informations sur l’auteur de l’infraction, vous ne pourrez échapper au paiement de l’amende.

Bien entendu, tout ceci est théorique. Pour la mise en oeuvre de cette théorie, pour vos procédures ou tout conseil, n’hésitez pas à demander l’aide d’un avocat.